Publié le samedi 13 juin 2009

Réflexions du fauteuil : la petite revue de la semaine du 7 juin 2009

13 06 2009

Ce que j'aime de Jacques Parizeau, que je sois d'accord ou non avec lui, c'est qu'il n'a pas la langue dans sa poche. Il n'est pas politiquement correct. Dans un discours qu'il a prononcé samedi dernier au colloque des intellectuels pour la souveraineté, il a dit ce que Pauline Marois n'a pas osé énoncer dimanche en présentant son plan pour la souveraineté, les référendums sectoriels pourraient être très utiles pour provoquer des crises politiques pouvant éventuellement mener à l'indépendance. C'est exactement ce que le PQ espère obtenir en réclamant sur tous les fronts le transfert des pouvoirs du fédéral. Les dirigeants actuels du parti n'ont pas aimé que leur ancien chef montre leur jupon qui dépasse. Pour ma part, j'ai trouvé cela très divertissant. Et ce n'est pas fini, on en parle encore une semaine après.

La présidente du Conseil du trésor, Monique Gagnon-Tremblay, songe à remettre en question les PPP parce qu'ils ne sont pas aussi profitables en temps de crise. Quoi? Je croyais justement que les PPP étaient avantageux parce qu'ils ne sont pas affectés par les problèmes à court terme puisque les contrats courent sur une période de trente ans. Merde alors, j'ai dû mal comprendre. Quoi qu'il en soit, je m'en fous que les libéraux prennent prétexte de la crise pour se sortir de l'impasse dans laquelle ils étaient coincés et nous avec. Qu'on enterre les PPP et qu'on n'en parle plus. Bravo!

Ça y est, le virus A H1N1 a provoqué une pandémie internationale comme l'a décrétée l'Organisation mondiale de la santé. Ici, on nous dit de ne pas nous inquiéter parce que cette grippe est moins maligne que la plupart de celles qui nous affectent tous les hivers. Mais en même temps, on nous parle des dangers d'une mutation du virus et il n'y a pas encore de vaccin éprouvé. J'ai l'impression qu'on nous rassure surtout pour éviter que les urgences soient prises d'assauts par les malades. Malgré tout, c'est exactement ce qui est en train de se produire. Les urgences débordent ce qui contribuera à la propagation du virus. J'ai toujours pensé que la population mondiale serait un jour équilibrée par un virus qui tuerait des centaines de millions de personnes comme une sorte de revanche de la nature sur l'homme. A H1N1 est peut-être un éclaireur venu constater l'état des lieux avant la grande invasion. Bouuu!

Parlant de virus, Montréal ne souffre pas que de la structurite, elle est aussi depuis longtemps victime de la consultationnite et du goupedepressionnite. Ces deux derniers s'attaquent particulièrement à tout projet commercial qui risque de faire évoluer la ville sans tenir compte de leurs exigences qui sont parfois en parfaite opposition avec les objectifs des projets qu'ils infectent et rendent malades. Ils vont parfois jusqu'à les tuer comme le projet du casino qui impliquait le Cirque du Soleil. Cette fois-ci la victime potentielle est le projet du Quadrilatère Saint-Laurent qui inclut le nouveau siège social d'Hydro-Québec. Il est piloté par la Société de développement Angus dont la feuille de route est impeccable. On s'y oppose pour sauver les restes pourris de trois édifices dont deux  institutions de la Main : le cabaret de danseuses nues Cléopâtre et le Montréal Pool Room. Après consultation, Angus a intégré les façades patrimoniales dans son projet. Mais ce n'est pas suffisant pour certains. J'imagine qu'Hydro-Québec devrait présenter des spectacles de danseuses nues dans le hall d'entrée et confier la gestion de sa cafétéria au Pool Room pour que Dinu Bumbaru d'Héritage Montréal soit content. Pour moi, cette opposition c'est comme si je refusais que le dentiste me répare deux dents cariées parce qu'elles font parti du patrimoine de ma bouche.

L"édifice avant l'intégration des façades patrimoniales

L'édifice après l'intégration et le dégagement que cela crée avec le niveau de la rue.

Voici une sélection de mes Petites vites de la semaine sur Twitter :

Si je me fie au nombre de sacres que j'entends tous les jours, le Québec est loin d'être la société laïque qu'il prétend être devenu.

Le prochain livre de l'anthropologue Clotaire Rapaille portera sur le Québec et s'intitulera « Le p'tit bonheur ». Tout est dans le titre.

Notre société est tellement hyper sexualisée que même le cancer est rendu sexy.

Si la F1 revient à Montréal, je propose que le parc Jean-Drapeau maintienne la vitesse maximum à 30 km/h, c'est tellement plus sécuritaire.